
Le 30 mars 2009, par Jean Paul,
C’est Guy Dumas qui m’a donné le goût de la course et du marathon. Nouveau venu sur la pelouse avec mes « baskets » pour faire 4 ou 5 km, je le voyais tourner comme une balle. Il faisait 15 tours des terrains, en général deux fois par jour. C’était sa méthode. Son record était proche de 2h20… Il était modeste. Il organisait une fois par an une course à Magny Montarlot dont je conserve encore une assiette souvenir, pour donner à manger à mon chat. Un chat qui court comme un lapin … Jacques Hessel, paraît-il, me ressemblait (il était, disait-on, beau garçon), parfois, on nous confondait, sauf à l’arrivée où il me précédait largement. La seule fois où je suis arrivé avant lui, c’est à Beaume la Roche, un jour où la tête de course avait été victime d’une erreur de parcours, des plaisantins ayant modifié puis rétabli le fléchage. Henri Guignard, qui travaillait avec André Mamecier à l’IUT, était un turfiste impénitent : on le trouvait soit sur les terrains, soit dans un bar PMU qui existait place Wilson. Il était aussi très attiré par les femmes et allait passer ses vacances dans les pays nordiques où les filles avaient la réputation, à cette époque, d’être les plus belles et plus libérées d’Europe. Pour notre périple Dijon-Bordeaux-Dijon, une anecdote : à notre arrivée sur le campus, au petit matin, après une semaine de course, devinez qui nous attendaient devant les tuyaux de poêle de Mirande ? le président de l’Université et …Robert Poujade, maire de Dijon, qui avait choisi cette occasion pour remettre sur le campus des pieds qu’il n’y avait pas posés depuis bien des années... un grand honneur pour notre petit groupe sans prétention. Au chapitre des anecdotes, aussi, en arrivant un jour à midi sur l’herbe, nous voyons un coureur inhabituel. Après l’avoir croisé deux fois et l’avoir bien dévisagé, nous nous rendons à l’évidence : c’est le boxeur Razzano, qui venait d’être champion d’Europe quelques semaines plus tôt. Du coup nous l’intégrons à notre groupe et lui promettons de le prendre en mains pour défendre son titre. Dans la bonne humeur générale… Un titre qu’il perdra très vite, faute sans doute d’avoir été assidu à notre groupe. Un dimanche matin, le lendemain du semi de carrefour, c’est Kolbeck père et fils (le père avait gagné la course) que je trouve sur la pelouse, pieds nus, en récupération. Une récupération que nous avons partagée. Nous avions la chance de côtoyer sur les terrains les vedettes de l’équipe 1 du Duc, Remi Geoffroy en tête, finaliste aux JO et championnats du monde sur 1500, toujours simple, modeste et attentif aux autres et bien d’autres, excellents coureurs, mais qui n’ont pas laissé leur nom sur les tablettes. Sur les courses, nous n’en finirions pas de rappeler le souvenir de coureurs de légende, parfois hauts en couleur. Je repense à « Babasse », employé au pavillon Bossuet, dont les performances en course et notamment sur marathon ont suscité un respect que la vie ne lui accordait pas toujours. Je pense à Philippe Chatillon, maintenant régisseur d’un domaine viticole dans le Jura, excentrique et sympathique, les frères Tosseto, à qui l’on se frottait dans les cross : selon la rumeur, Christian, le cadet, aurait été affublé d’une perruque. Vrais cheveux, perruque, nous ne l’avons jamais su. Il y avait aussi le couple « jardin ». Elle, toute petite, habituée des podiums et son grand escogriffe de mari qui avait la particularité, sur les semi, de se mettre de temps en temps à marcher…pour vous redoubler de plus belle quelques minutes plus tard ! Rien de pire pour vous énerver mais l’animal, une fois requinqué, était difficile à rattraper. Maguer, encore, avec son éternel collier de barbe et qui partait toujours comme une fusée, avec les conséquences que l’on peut imaginer… Et quelques féminines, Ghislaine du CRDP en tête, qui apportaient un peu de douceur dans cet univers de pattes poilues. Ce sont quelques noms qui me reviennent spontanément à l’esprit . Tout ce petit monde formait une grande famille où la sympathie l’emportait sur la rivalité même si chacun faisait le maximum pour devancer ses copains…
Jacques Miroz